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Les Miracles de Marie Pièr

Marie Pièr Charron, la Créatrice de Matin Magique présente tous les mercredis les formules magiques qui sont derrière les plus belles réussites et les plus merveilleuses transformations des matins-magiciens.
Elle appelle cette tradition les «mercredis miracles»…
Le 30 avril 2014, alors que je l'avais depuis longtemps oublié, j'ai eu le plaisir de découvrir le texte que je lui avais envoyé quelques mois plus tôt sur le site ainsi que sur la page Facebook


Voici donc, ce que Marie Pièr a appelé le Miracle d'Hélaine

Nombreux sont ceux d'entre nous qui ont eu ce que l'on appelle une mère toxique. Une mère toxique, comme son nom l'indique, est une mère qui instille en nous un poison. Celui-là peut être la peur, la culpabilité ou n'importe quel autre sentiment qui nous diminue, nous insécurise, nous éloigne de nous-mêmes et nous incite à nous positionner en victime. Car oui, bien sûr, cette situation, depuis cette déconnexion à soi est alors perçue comme une véritable injustice!

En ce qui me concerne, j'ai vécu très longtemps avec la peur de l'autre. Cette peur était doublée du sentiment d'être indigne, aidée en cela par le fait que ma mère n'a jamais fait un geste pour m'aider autre que celui de m'offrir une fois un billet de métro d'un air excédé ;) ! Et puis, si certaines mères toxiques peuvent passer relativement inaperçues aux yeux des autres, la mienne avait un comportement outré ainsi que la fâcheuse manie de faire des scandales partout où elle allait. Au final, j'avais donc autant honte de moi que d'elle.

À moins de s'abandonner complètement au pathos, on finit généralement en pareille situation par choisir de se protéger. Certains vont même pour cela jusqu'à rompre définitivement le lien mortifère qui les unit à leur mère. Personnellement, j'en étais incapable; soit que j'estimais avoir besoin d'elle pour débusquer les nombreux cadavres des placards de notre histoire commune, soit parce qu'ayant commencé à dire «Oui» à la Vie, je pressentais déjà la venue du joli petit miracle qui nous attendait.

C'est pourquoi je me suis contentée du confort relatif que m'offrait notre éloignement géographique : bien que cela restait assez énergivore, je n'allais bientôt n’avoir à gérer que les courriers venimeux et passablement délirants qu'elle m'envoyait. Cela, jusqu'au jour où une formule magique est venue s'immiscer sous ma plume ; une formule magique infiniment plaisante, qui résumait tout ce qui, jusqu'alors, m'avait manqué et que j'allais pouvoir utiliser comme une signature à volonté. Je venais d'écrire en très grosses lettres :

Merci de m'avoir fait naître !

En fait, je suis aujourd'hui persuadée que l'on souffre davantage d'échouer à aimer ses parents que de ce qu'ils peuvent – ou ont pu – nous faire subir. On en souffre d'autant plus qu'il n'y a, a priori, rien que l'on puisse faire pour y remédier, puisque l'amour ne se commande pas et qu'il serait tout aussi vain que révoltant que de prétendre l'éprouver quand cela n'a en nous aucune réalité. Mais c'est encore méconnaître sa nature essentielle et son pouvoir, tout autant que sa nécessité.

Car si l'amour ne se commande pas, il n'en a pas moins besoin d'aimer; il faut donc trouver un moyen de le satisfaire. Et quoi de plus simple alors, que de le prendre où il se trouve afin de le redistribuer – surtout s'il s'agit de rediriger notre amour de la Vie vers celui ou celle qui nous l'a donné?

Bonne journée!

– Hélaine
Domaine d'Echoisy, France
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Un magnifique texte, n’est-ce pas ? J’aime beaucoup quand Hélaine dit «on souffre davantage d'échouer à aimer ses parents que de ce qu'ils peuvent – ou ont pu – nous faire subir».

Effectivement, on croit que l’on est blessé parce que nos parents nous ont mal aimés, mais si on sent cette lourdeur en nous, c’est d’abord et avant tout parce que notre propre cœur est fermé.

Dès qu’on en prend conscience, on retrouve notre liberté. Car quoi que l’on ait vécu, on peut toujours trouver un prétexte pour ressentir de la gratitude et laisser notre amour circuler – ne serait-ce que le simple fait d’avoir été mis au monde, pour prendre l’exemple qu’Hélaine nous a donné.

Sur ce, je vous rappelle que si vous souhaitez partager un de vos miracles avec nous, vous n’avez qu’à aller ici : (Un grand merci à l’avance! Les mercredis miracles n’existeraient pas sans vous…)

Passez une belle journée!

Marie Pièr