Faiseuse de Fees

Conteuse d'histoires

La femme qui marche

Pour évoquer la Femme qui Marche, j'avais pensé faire la lecture d'un texte de Christiane Singer. Peut-être un extrait des Ages de la vie si il s'y prétait. Jusqu'à ce qu'un matin, une certaine confusion induise en moi davantage de clarté.

Sur la table était posé un livre sur la couverture duquel j'ai lu le mot Autonome. Sauf qu'en m'approchant, j'ai constaté que c'était Automne qui y était écrit.
Alors je me suis dit que la Femme qui Marche me concernait plus intimement encore que je ne le croyais.
Que c'était probablement elle ma nouvelle saison.

Autonome... Il n'y a pas si longtemps, j'aurais trouvé le mot plutôt du genre menacant. Il aurait réveillé la petite voix contrainte ou terrifiée qui disait :

« La dépendance et la pénurie font partie intégrante de ma vie. Je n'ai jamais su fonctionner. De toutes façons, rien jamais ne marche avec moi. Tout ce que je peux faire, c'est semblant, exactement comme un enfant. Tout ce que je peux faire, c'est seulement jouer à la Grande... »

Il en est des croyances toxiques comme de certaines  mères, qui sous prétexte de nous protéger tuent en nous le désir avant même qu'il ne s'exprime ou qui si elles échouent à le tuer sabotent n'importe lesquelles de nos projets. Qui nous maintiennent dans l'immobilité.

Parfois, nous les portons en étendards ces croyances afin de nous réfugier derrière.  Mais la plupart du temps, elles nous agissent dans l'ombre exactement comme elles ont manipulé ces mères ou n'importe quelles personnes  qui ont eu un pouvoir sur nous.
Pour que nous renoncions au changement. Pour que nous renoncions à l'apprentissage. Au mouvement. A la fluidité. Aux cycles. Aux saisons. A la formidable plasticité de la vie. A la Marche.

Quelques rares fois, les croyances tombent toutes seules. Comme à l'automne les feuilles, pourvu qu'elles soient contredites par la réalité.  
Mais le plus souvent, elles s'accrochent.

Alors, à  défaut de pouvoir intervenir directement sur la dîte réalité, c'est à nous de créer la saison en faisant advenir les nouvelles croyances qui vont venir la bousculer.
Ces nouvelles croyances sont là au revers des anciennes. Elles sont là au revers des peurs qu'elles contiennent et qui ne demandent qu'à muter.

Si je ne me tourne pas vers elles avec bienveillance pour les rencontrer, je décline sans le savoir l'invitation qui m'est faite.  En refusant l'Adversaire, je me prive du plus qualifié des passeurs pour faire la traversée.

Sur l'autre versant est une Femme que je peux  reconnaître. Tranquille. Entière. Solide.
Bien campée sur ces deux pieds.
Une Femme ô combien souriante.
Une Femme juste confiante et bien chaussée.


La Traversée - janvier 2012